Le flux libre instinctif ou les règles au naturel

Certaines femmes ont jeté tampons et serviettes. Pendant leurs règles, elles pratiquent la méthode du flux libre instinctif, une manière de vivre ses menstruations au naturel. Se passer des tampons et serviettes qui polluent notre environnement, oui… Mais comment ?

SYMPTOTHERMIE FLUX INSTINCTIF

Je connaissais déjà la moon cup mais un jour, je suis tombée sur un article  expliquant le « flux instinctif », autrement dit les règles… sans protection ! Au départ, c’est sûr, ça a tout l’air d’une fantaisie de hippies (ou d’une méthode de grand-mère…), perpétuée par des courants écolos types survivalistes… Mais finalement, ce n’est pas si « hard »… C’est même bio-logique!

Tout d’abord, le flux menstruel ne répond pas totalement aux règles de la gravité… En effet, il doit passer deux caps : le col de l’utérus, en position fermée pendant cette phase d’infertilité, puis le plancher pelvien contrôlé par le périnée. Et c’est aux toilettes que le flux va s’écouler le plus naturellement : sous l’effet de la miction, le périnée se relâche, le « trop plein » contenu dans la coupe de l’utérus glisse à travers le col, puis dévale les pentes du valancher-pelvien-normalgin pour être évacué. C’est pourquoi, lorsqu’une femme ne porte pas de protection, elle peut très vite remarquer que son flux ne « fuit » pas de manière continue, mais qu’il s’écoule plutôt intelligemment, quand « la coupe est pleine » 😉

Curieuse de nature, pratiquant déjà une contraception écologique, la symptothermie, je me suis donc essayée à cette gestion douce de mes menstruations. Et là surprise : dès le deuxième cycle, mon corps s’est adapté à la nouvelle donne. Moi, en échange, j’ai appris à ne pas différer une envie d’aller aux toilettes… Au final, en 6 mois, j’ai rarement esquinter ma lingerie à cause d’une fuite « significative », mis à part les fois où j’ai oublié mon corps, absorbée par les tâches quotidiennes ou trop sécurisée par un protège-slip. Pendant cette période, je me sens maintenant autonome, libre de toute « assistance » extérieure. Même si la vigilance reste de mise, je ne suis plus paniquée à l’idée de ne pas avoir de protection à portée de main dans mon sac.

Voici quelques conseils pour vous aider à mettre en place le flux libre instinctif.

Cela peut être une méthode facile à adopter. Cependant, plusieurs mois peuvent être nécessaire pour y arriver. Certaines femmes ne vont pas oser, soit parce qu’elles ont un flux très abondant, soit parce qu’elles sont souvent en déplacement, soit parce ça leur fait encore un truc à gérer, voire tout ça en même temps…! En tout cas, si après avoir essayé vous n’y arrivez pas, ce n’est pas pour autant un échec. Chaque femme est unique. Le flux instinctif est simplement une solution possible pour gérer la période des règles. Cette solution peut aussi ne plus convenir par la suite, pour tout un tas de raisons : modification du flux, rythme de vie plus contraignant, envie de changement tout simplement !

Rien ne presse pour apprendre le flux instinctif

Les femmes subissent déjà suffisamment de stress pour ne pas s’en mettre davantage. Vous pouvez par exemple pratiquer lorsque vos règles tombent à un moment propice pour vous : vous n’êtes pas au boulot, vous avez des toilettes à disposition tout le temps, vous êtes plutôt relax, disponible pour être à l’écoute de vous-même. Peut-être êtes-vous en vacances, ou bien vos enfants sont cette semaine chez papi-mamie…Vous pouvez aussi commencer le flux instinctif en fin de règles si ce n’est pas possible pour vous les deux premiers jours.

Reconnaître le signal !

Les premières fois avec le flux instinctif, on se rend aux toilettes toutes les heures pour vous rassurer. Mais vous allez vite constater que le flux n’est pas toujours présent. Petit à petit, vous allez vous synchroniser avec votre utérus et savoir naturellement quand vous devez y aller. Comme pour la faim, la soif, l’envie d’uriner, votre corps vous envoie un signal que vous êtes à même d’interpréter. Dans le cas du flux menstruel, cela ressemble beaucoup à l’envie de faire pipi, mais il y a une petite nuance que vous pourrez discerner. Ce n’est pas sur la vessie que cela pèse, mais plus dans votre intimité. Ce système réflexe émane très probablement de l’hypothalamus, mais n’est pas sollicité de la même manière avec un tampon, une cup ou une serviette. Parce que votre corps est assisté par un moyen extérieur de protection (inconsciemment il le sait), vous n’avez pas encore prêté attention à ce système réflexe. Laissez-vous le temps de cette découverte!

Sécurité minimale : protège-slip ou pas ?

Oui et non. Au début, il est important que votre corps et vous soyez « sans filet ». Vous apprendrez beaucoup plus vite ! En effet, j’ai pu constater qu’avec un protège-slip, je me sens inconsciemment assistée et j’écoute moins les signaux, toute occupée à ma vie de tous les jours. Or les règles ne sont pas un temps ordinaire, ce sont quelques jours où la femme se reconnecte à elle et prend, si elle le peut, un temps de repos, de calme, de sommeil, d’introspection. Sans protège-slip, vous êtes un peu « obligée » de pratiquer cette écoute intérieure. Sachant cela, faite comme vous le sentez ! Cela peut être un protège-slip ou juste un papier toilette pour récupérer les quelques gouttes qui restent dans le vagin. Mais n’oubliez pas de prendre votre temps au petit coin 😉 Personnellement, j’aime bien les protège-slip en coton lavables, si je sors, si je fais du sport, si je vais rentrer des bûches pour l’hiver…

Et la nuit ?

C’est sans doute le plus facile. Les deux premiers jours des règles, optez pour un petit sous-vêtement de sécurité. L’essentiel, au lever, c’est de ne pas tourner autour de la machine à café mais de filer directement aux toilettes. En effet, le flux de toute une nuit ne va pas attendre très longtemps. Vous pourrez juste le retenir le temps d’ouvrir la porte au chat qui miaule, en serrant le périnée ! Mais une fois l’affaire réglée, vous pourrez prendre votre petit-déjeuner tranquille.

Quels sous-vêtements ?

Noir si possible… à moins de préférer des culottes fantaisie! Mais bientôt une nouvelle génération de sous-vêtements spécialement conçus va arriver sur le marché. Par exemple Thinx nous vient des Etats-Unis. Conçue par trois jeunes femmes très imaginatives, cette culotte absorbante ne laisse absolument rien passer et permet de se passer de protection. Après c’est direction la machine à laver. Dans le cas du flux instinctif, cela paraît très adapté, mais ces sous-vêtements ont un coût (environ 40 €). D’ici là, on peut aussi se fabriquer soi-même un jeu de petites culottes, doublée ou triplée avec une bande de coton bien absorbant. En allant aux toilettes régulièrement, ça ne devrait pas trop fatiguer la machine à laver.

Vous avez un flux abondant…

C’est un réel inconvénient, c’est vrai. Lorsqu’aucune cause médicale sérieuse n’a été identifiée, un flux abondant peut être régulé par la phytothérapie, la nutrition, l’homéopathie, le yoga… On peut retrouver des règles confortables en pratiquant notamment la symptothermie, méthode de contraception naturelle basée sur l’auto-observation du corps. Le fait de poser son regard sur le cycle et le flux, c’est bon pour la santé. Le flux instinctif peut aussi aider la femme à observer ses règles sous un autre angle. Cela peut favoriser une amélioration. Certaines femmes en ont fait l’expérience. Des règles pénibles ne sont pas une fatalité et il n’y a pas que la pilule pour les « réguler ».

A noter, le stérilet peut être un obstacle à la pratique du flux instinctif, car cela augmente le flot menstruel. Là encore, en adoptant la symptothermie, on peut retrouver des règles plus cool, tout en apprenant une contraception naturelle et efficace. Dompter un flux tumultueux, c’est tout un chemin en soi, avec soi et vers soi, mais c’est possible!

Pas de toilettes à proximité, que faire ?

Votre coloc se prélasse aux toilettes, ou bien il y a du monde aux WC pendant l’entracte…Vous sentez bien que vous devriez faire vite mais il va falloir patienter. Trouvez un petit mouchoir en papier et glissez-le discrètement dans votre culotte. Pour limiter ou stopper le flux, vous pouvez contracter le périnée doucement. Vous en profiterez pour le muscler, ce qui est bénéfique à plus d’un titre (gynécologique, urinaire et sexuel). Rappelez-vous aussi qu’on peut faire pipi dans un petit coin de nature. C’est pareil avec le flux instinctif ! Lâcher ses règles sur un tas de feuilles mortes, c’est certes plutôt free style…  mais sous la pleine lune, l’expérience peut s’avérer carrément instinctive. La femme sauvage qui sommeille en vous aurait presque envie de courir avec les loups !

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