Hépatite B : relance de la vaccination en vue

Alors que les laboratoires qui ont commercialisé le vaccin contre l’hépatite B ont été mis en examen il y a exactement un an, un nouveau document du ministère de la santé prépare la relance de la couverture vaccinale, dans le cadre du plan hépatite 2009-2012.

Alors même que la justice a été saisie, ce plan a été lancé mardi par le ministère de la santé, qui réaffirme ici son engagement total et sa foi en la vaccination, y compris celle des nourrissons. Envoyant ainsi aux oubliettes le principe de précaution demandé par les victimes du vaccin contre l’hépatite B, parmi lesquelles de nombreux cas de sclérose en plaque.

Pour mémoire : le contexte du scandale de l’hépatite B est résumé dans l’un de mes précédents articles : http://priskaducoeurjoly.blogsudouest.com/files/2008/06/hepatiteb.pdf

Voici quelques morceaux choisis du document guide du ministère pour le plan 2009-2012.

En résumé :

« L’intérêt de vacciner les enfants contre l’hépatite B n’est pas correctement perçu par les médecins. Les résultats des études scientifiques récentes chez l’enfant montrant l’absence de lien et d’augmentation de risque entre une vaccination contre l’hépatite B et une poussée d’affection démyélinisante n’ont pas été suffisamment diffusés et explicités. Il importe donc, dans un premier temps, de fournir à la presse et aux relais d’opinion une information scientifique et factuelle sur l’impact sanitaire des hépatites B et C et sur la vaccination contre l’hépatite B. Cette information pourra être relayée de façon différenciée vers les professionnels et la population ».

Les chiffres

Sur le bien fondé d’un nouveau plan de lutte contre les hépatites virales B et C :

« L’hépatite B :

-touche cinq fois plus les hommes que les femmes

2.500 à 3.000 cas d’hépatite B aiguë avec ou sans symptômes surviendraient annuellement (estimation 2005),

-peut se présenter sous une forme aiguë dite fulminante qui peut être mortelle en l’absence de greffe de foie : parmi 20 cas d’hépatite aiguë B fulminante notifiés entre 2004 et 2006 (DO), 8 sont décédés, 9 ont pu bénéficier d’une greffe de foie et 3 ont guéri spontanément,

-représente un risque potentiel majeur chez l’enfant né de mère infectée car l’infection

transmise peut devenir chronique jusque dans 90 % des cas, en l’absence de traitement

préventif à la naissance

-peut être prévenue par un vaccin : la moitié des cas d’hépatite aiguë symptomatique notifiés

aurait pu être évitée si le dépistage autour d’un cas avait été réalisé (entourage familial ou

partenaire sexuel) et si les recommandations de vaccination en vigueur avaient été

respectées »

On note que les 2 à 3000 cas sont basés sur des estimations (usage du conditionnel) et que le nombre de décès n’est pas mentionné sur ces cas d’hépatite aigue. D’autre part, concernant les cas fulminants, seul 20 décès ont été notés entre 2004 et 2006. Cela suffit pour le groupe de pilotage pour relancer la généralisation d’une vaccination dont le rapport bénéfice/risque est loin d’être avéré, sauf peut-être pour les compagnies pharmaceutiques…

Selon le document, Hépatite B et C « ont entraîné en 2001, autour de 4.000 décès, 1.330 pour l’hépatite B, soit environ une fois et demi le niveau de la mortalité déclarée par SIDA et 2.640 pour l’hépatite C, soit deux fois plus que celui de la mortalité par cancer du col de l’utérus ».

Objectif : plus de vaccinations

« Actuellement, la vaccination, disponible depuis plus de 20 ans, constitue la mesure de

prévention la plus efficace contre l’infection par le VHB. L’hypothèse d’une association entre un risque de sclérose en plaques (SEP) et la vaccination contre l’hépatite B a été largement médiatisée depuis 1993. Jusqu’en 2004, aucune étude, parmi une dizaine de publications, n’avait montré de résultat statistiquement significatif en faveur d’une association entre cette vaccination et la survenue d’une affection démyélinisante centrale.

En 2004, une étude cas-témoin8 a conclu à une association significative, chez l’adulte, dans les trois ans qui suivent la vaccination. Toutefois, selon les instances d’expertise consultées9, le résultat de cette étude ne remettait pas en cause les recommandations vaccinales en  vigueur.

Par ailleurs, les résultats d’une étude publiés en 2003 n’ont pas montré cette association10.

8 Hernan M et al. Neurology 2004; 63: 838-42.

9 Commission Nationale de Pharmacovigilance du 29/09/2004 et Audition Publique sur la vaccination contre le

VHB et SEP ; Paris ; 9/11/2004.

10 DeStefano F et al. Arch Neurol 2003; 60: 504-9. »

Nous voila donc rassurés et pleinement confiant sur l’absence de risque de la vaccination, même pour les nourrissons :

« En 2007 et 2008, les résultats de trois études menées sur une cohorte française « KIDSEP »

(enfants de 0-16 ans), ont été publiés. Ils ne trouvent aucune association entre l’exposition à la vaccination contre l’hépatite B et le risque de développer une sclérose en plaques11. Ils ne

montrent pas de risque de récidive de SEP, ni d’augmentation du risque d’épisode aigü

démyélinisant du système nerveux central chez l’enfant vacciné. Dans l’étude la plus récente12, les auteurs concluent à l’absence de lien entre la vaccination contre l’hépatite B chez l’enfant et le risque de survenue ultérieure d’une atteinte démyélinisante du système nerveux central, incluant la sclérose en plaques, quels que soient le nombre d’injections, le délai et la marque du vaccin. En poursuivant l’analyse dans plusieurs sous-groupes, les auteurs ont rapporté, dans un des sous-groupes, défini par les enfants ayant suivi le calendrier vaccinal et vaccinés depuis plus de trois ans par le vaccin Engerix B®, une association statistique entre un antécédent de vaccination contre l’hépatite B et l’observation d’une affection démyélinisante. Mais les différentes instances d’expertise consultées sur ce résultat13 ont conclu qu’il n’y avait pas lieu de modifier les recommandations vaccinales. L’analyse de l’Organisation mondiale de la santé (8 octobre 2008) parvient à la même conclusion.

Les bénéfices de la vaccination contre l’hépatite apparaissent évidents (évaluation de la balance bénéfice-risque). Une simulation réalisée par l’InVS a permis d’estimer que la vaccination des enfants de 11-16 ans effectuée depuis 1994 évite actuellement plus de 1.000 hépatites aiguës, près de 3.000 infections, plus de 100 infections chroniques et environ 5 hépatites fulminantes par an. Elle a permis également d’estimer qu’environ 8.000 hépatites aiguës, 20.000 infections, 800 infections chroniques et 40 hépatites fulminantes ont été évitées depuis 1994. Ces chiffres sous-estiment vraisemblablement l’impact des stratégies vaccinales mises en oeuvre depuis 1994. En effet, cette simulation n’a pas pris en compte la diminution d’incidence de l’hépatite B chez les sujets non vaccinés, du fait de la diminution de la circulation du virus B induite par la couverture vaccinale atteinte dans la population.

11 Mikaeloff Y, Caridade G, Rossier M, Suissa S, Tardieu M. Hepatitis B vaccination and the risk of childhoodonset

multiple sclerosis. Arch. Pediatr. Adolesc. Med. 2007; 161 :1176-82

Les résultats de la première étude portant sur la cohorte neuropédiatrique KIDSEP montraient l’absence

d’augmentation du risque de rechute (SEP) chez l’enfant vacciné contre le VHB et ayant présenté un premier

épisode démyélinisant (Mikaeloff Yet al. Brain 2007;130 : 1105-10).

12 Mikaeloff Y, et al.Hepatitis B vaccine and the risk of CNS inflammatory demyelination in childhood Neurology

2008 Oct. [Epub ahead of print ».

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