ECONOMIE DURABLE : offre média 2013-2014
1. Transition vers une nouvelle économie (les acteurs du changement)
Reportages (Ecovillages)
La cité écologique, au Québec : avec son tissu de petites entreprises, l’écovillage a développé une activité économique écoresponsable et rentable. Une autre économie est à l’oeuvre, animée par de jeunes entrepreneurs. Quels sont leurs motivations? Pourquoi ont-ils changé de métier pour s’orienter vers cette nouvelle activité ? Quel a été le déclic qui les a fait basculer vers une autre économie ? On trouve ici le concept d’économie circulaire : tout se transforme, rien ne se perd.
- Philippe et Julien Forest, deux frères, ont créé Forest Distribution, une entreprise de distribution de produits bio.
- Steeve Grandmont travaille avec d’autres entreprises du Centre-du-Québec afin de redonner une deuxième vie aux produits et matériaux réutilisables : huile à friture, palettes, barils, etc.…
- Svetlina a lancé en 2011 la collection de prêt-à-porter écologique 2e Chance.
Damanhur, Italie, est un laboratoire qui accompagne depuis 35 ans la « grande transformation » des systèmes d’organisations humains.
Contexte plus général des sujets de l’éco-tour
La crise du système économique est surtout une crise de foi en sa durabilité. Nombreux sont ceux qui ne croient plus aux discours des experts ou des hommes politiques. Un peu moins nombreux sont ceux qui choisissent de changer le système économique et le monde du travail traditionnel : sortir du salariat, trouver une activité qui fasse sens pour soi et les autres, améliorer sa qualité de vie, autant de motivations pour amorcer une transition personnelle.
Concept-clés :
La notion de transition, ainsi que les facteurs psychologiques associés (comme la résistance ou l’ouverture au changement, le syndrome de dépendance ou de libération) a été particulièrement approfondie par les villes en transition. En milieu urbain la question de l’autonomie et de la durabilité se pose de manière tout aussi cruciale. La permaculture, ou culture durable, philosophie qui imprègne les écovillages, est là aussi sollicitée pour amener des solutions aux transition towns.
Les acteurs du changement ou change makers incarnent la transition vers une économie nouvelle qui intègre la dimension humaine et du bien commun. Ils mettent leurs paroles en actes. Ils font le changement et se proposent de guider leurs concitoyens. Si certaines communautés apparaissent comme des laboratoires de transition vers un mode de vie durable, c’est parce qu’elles sont peuplées de change makers.
2. Promotion d’économies locales durables (les nouveaux modèles économiques, l’économie sociale et solidaire, les nouvelles pratiques)
Reportages
Findhorn, Damanhur, sont des lieux exemplaires, impliqués avec succès dans l’économie sociale et solidaire. Les activités économiques locales bénéficient également aux régions voisines, grâce aux liens tissés avec l’extérieur sur un mode plus coopératif que compétitif. C’est à la fois une économie ouverte et une économie protégée. Dans tous les écovillages, les habitants tentent de tirer le meilleur parti des ressources locales, mais aussi de leurs ressources personnelles pour développer une activité qui leur permettent de vivre. L’éco-tourisme y tient souvent une part prépondérante, mais ce n’est pas suffisant pour faire vivre toute une communauté. Que produire et revendre pour vivre ? Comment parvenir à l’autonomie ? Les activités sont-elles productrices de richesse sociale ? Quelles innovations doit-on imaginer pour créer un modèle économique auto-régulé et auto-suffisant : en d’autres termes un système autonome et durable.
Contexte
Relocaliser l’économie, l’expression est à la mode, comme un contre-pied à la mondialisation sauvage, comme un retour aux fondamentaux. L’autonomie alimentaire, énergétique, économique peut se cultiver localement au sein d’une communauté. C’est notamment la démarche des oasis en tous lieux de Pierre Rahbi, havres de paix socio-économique pour faire face aux “concurrences déloyales”. Celles d’une économie de marché mondialisée qui pénalise les économies locales (dumping, spéculation sur les matières premières, ouvertures des marchés). La concurrence de grandes multinationales fragilise en effet certains éco-systèmes locaux.
Les démarches communautaires engagées dans la durabilité proposent des parades pour développer un système prospère pour leurs habitants, capable de rayonner vers les régions voisines. Quels sont leurs moyens pour résister au raz-de-marée de la mondialisation? Est-ce un combat perdu d’avance (le pot de terre contre le pot de fer) ou assiste-t-on au contraire aux premières pousses d’une nouvelle organisation économique, multipolaire et décentralisée ?
Inventer un nouveau modèle économique, c’est l’un des paris les plus audacieux des partisans d’un mode de vie durable. Nous partirons à la rencontre des hommes et des femmes qui incarnent cette nouvelle utopie : réconcilier la liberté individuelle (axe fort du capitalisme) et la solidarité au sein d’une communauté humaine (idée première pour le modèle socialiste). Ils proposent de sortir de la dualité au profit d’une troisième voie, qui conjugue le respect des aspirations individuelles, la solidarité à l’égard d’autrui, et la durabilité de l’éco-système lui-même. Ils utilisent les principes de l’économie sociale et solidaire, secteur émergent (ex :au sein de l’Union européenne deux millions d’entreprises emploient plus de 20 millions de salariés (6% de l’emploi total), selon les chiffres de l’observatoire européen de l’entreprenariat social. Dans certaines communautés durables, 100% des activités s’inscrivent dans l’économie sociale et solidaire).
> Quels sont les ingrédients du succès ? Comment la notion de durabilité peut-elle s’évaluer ? A partir d’applications concrètes, nous tenterons aussi de répondre à la question suivante : ce modèle économique est-il exportable à une échelle plus grande que celle d’un village. Comment une société toute entière peut-elle tirer profit de l’enseignement apporté par certaines communautés et adopter elle aussi un modèle économique vertueux?
Concepts-clés :
>>> l’auto-production et la culture du Do-it-Yourself (DIY) est un phénomène ancien dans une démarche communautaire : faire par soi-même, prendre des objets et les recycler, se débrouiller avec le système D, préférer son garage à l’achat d’objets usinés en série. Cette philosophie trouve actuellement un second souffle grâce à l’économie numérique. Pour certains auteurs comme Chris Anderson (Makers, 2012), rédacteur en chef du magazine Wired, l’avenir est au DIY, grâce aux nouvelles possibilités offertes par le numérique (imprimante 3D entre autres). L’économie numérique bouleverse l’économie industrielle traditionnelle, apportant des outils dont peuvent se saisir les communautés au service de leur durabilité :
• Les Makers utilisent les outils numériques pour créer de nouveaux produits et réaliser des prototypes.
• Grâce à l’open source ou la culture Libre, ils mettent en commun leurs idées et leurs connaissances, acquérant ainsi un immense savoir collectif.
• Leurs initiatives dépassent le stade du passe-temps et débouchent désormais sur de véritables entreprises, déjà présentes dans le tissu économique.
Les Makers sont en effet en train d’industrialiser la bidouille et l’esprit DIY (Do It Yourself), en un mouvement tout à la fois artisanal et innovant, high-tech et low-cost. Et aujourd’hui, plus que jamais, chaque inventeur est désormais aussi un potentiel entrepreneur.
Un exemple d’application est le Guide de l’auto-construction agricole édité par l’association régionale de développement de l’agriculture bio Adabio. Véritable mode d’emploi de l’autonomie en matière de machinisme agricole, ce livre collaboratif offre méthodes et plans pour construire 16 outils ou dispositifs adaptés à la pratique du maraîchage biologique.
>>> L’économie collaborative et la wikinomie. Exemple : Wikispeed, ou comment créer des véhicules écologiques en mode collaboratif wiki (comme l’encyclopédie Wikipédia). Le partage de l’information en mode open source ne touche plus seulement le monde du logiciel, mais aussi le monde industriel. Les entrepreneurs sociaux commencent à percevoir l’intérêt des outils numériques pour booster leurs projets, et ne plus attendre que la solution vienne « d’en haut ». En s’organisant encommunauté, tout groupe a la possibilité de reprendre en main la création industrielle, et plus seulement de se cantonner à la création artisanale. Un tournant qui risque de bouleverser profondément l’économie!
Voir le livre Racines de l’économie numérique, pour comprendre comment l’économie numérique peut devenir le meilleur allié de toute communauté engagées dans l’économie sociale et solidaire.
3. Sécurité matérielle (niveau de vie individuel décent)
Reportages
Free and Real, Grèce. Voilà une communauté qui estime qu’elle est moins pauvre et moins vulnérable depuis qu’elle a coupé avec le système et choisi l’autogestion. L’intention de départ, celle du fondateur, était de fuir la crise grecque. Le projet a séduit et se développe plus amplement. Nous irons voir comment ils s’en sortent.
Mbam, Sénégal. La question d’un niveau de vie individuel décent est particulièrement cruciale dans les pays en voie de développement. Nous irons à la rencontre des 3000 habitants de Mbam découvrir leurs activités et projets de développement durable. Comment ont-ils découvert la permaculture ? Les habitants sont-ils impliqués dans le projet ? Quel est leur degré d’autonomie alimentaire ? Ont-ils atteint un niveau de vie qui leur paraît suffisant ?
Contexte
Comment accepter que près du quart de la planète vive en dessous du seuil d’extrême pauvreté? Parallèlement, la surconsommation à l’œuvre dans les pays occidentaux n’en paraît que plus choquante. Entre ces deux extrêmes, certaines communautés ont adopté la “simplicité volontaire” ou “sobriété heureuse”. Il ne s’agit pas de se priver mais de reconnaître ce qui est vraiment essentiel pour vivre. Au-delà de l’effort individuel, des solutions collectives facilitantes sont mises en place dans certaines communautés pour assurer à tous un niveau de vie correct, confortable : mutualisation, coopération, partage des biens et services. Car sharing, espaces collectifs, logement contre travaux communautaires, recyclage, troc, etc. Les idées sont nombreuses pour assurer à tous des moyens d’existence suffisants, tout en veillant au respect des ressources environnementales.
Concepts-clés : autogestion, partage, simplicité volontaire, mutualisation.
4. Indépendance financière (banques et monnaies communautaires)
Reportages
Findhorn et Damanhur, ces deux écovillages ont leur propre banque et monnaie. Que peuvent-ils financer ? Comment la monnaie est-elle utilisée ? A quoi peut-elle servir à l’extérieur du village ? Investir dans un écovillage, est-ce un bon placement ou une valeur refuge en cas de crise ?
Contexte
La crise financière de 2008 a montré la fragilité du système bancaire international, l’extrême vulnérabilité des économies face aux caprices des bourses mondiales. Les écovillages proposent à leurs habitants de se mettre à l’abri du système et de compter sur leurs propres ressources. Certains mutualisent les finances pour soutenir des projets équitables, dont les retombées économiques profitent au village, et non à des intérêts privés. The Farm, dans le Tennessee, a mis au point un système de prêts meilleur marché alimenté par les revenus des membres. Tous les écovillages ne mutualisent pas la totalité des revenus individuels. Il existe différents degrés d’engagement possibles, et différentes possibilités d’investissement. Plus largement, de nombreux modes de financement alternatifs émergent, comme le micro-crédit ou le crowdfunding, qui sont en train de libérer les hommes de l’emprise du système bancaire.
Concepts-clés : financement alternatif, crowdfunding, micro-crédit, auto-financement.
5. Questions juridiques et administratives
Reportages
Ithaca, dans l’Etat de New York : en commençant avec un statut très simple de cohabitat, bien reconnu aux Etats-Unis (co-housing), les habitants ont pu développer un écovillage modèle de 160 habitants où le degré d’engagement communautaire va beaucoup plus loin qu’un simple projet de cohabitat. Une réussite, mais pas forcément un modèle reproductible ailleurs. D’où l’intérêt de documenter plusieurs écovillages « modèle », afin de dégager des constantes.
Earth Song, en Nouvelle-Zélande, dispose d’un historique complet de son évolution et de documents de réflexion sur les clés de succès pour la création d’un écovillage.
Contexte
Comment monter une communauté et quelles sont les difficultés ou pièges que les porteurs de projet peuvent rencontrer ? Partout sur la planète les d’idées écovillages fleurissent, mais toutes ne donnent pas de fruits ou ne parviennent pas à atteindre une masse critique (90%). Outre les éventuels problèmes de communication interpersonnelle, les questions administratives ou financières sont nombreuses. Trouver un terrain, obtenir les autorisations, choisir un statut. Les réponses varient en fonction des pays. Il n’existe pas de recette miracle pour créer un écovillage ou un projet d’habitat partagé. Néanmoins, les témoignages des fondateurs d’écovillages donnent des pistes intéressantes et quelques ingrédients indispensables à l’incubation d’un tel projet.
Nous proposerons des éclairages sur l’histoire d’un certain nombre de cas : temps de gestation, formes juridiques retenues, solutions innovantes en fonction des contextes locaux, etc. Par exemple, en Irlande, The Village a choisi de lever des fonds auprès de ses membres pour employer un professionnel chargé de la coordination et un architecte pour les aider sur la conception. Alors qu’en France de nombreuses initiatives voient le jour, l’angle des questions juridiques et financières est particulièrement intéressant à documenter afin de faciliter la réplication de certains modèles.
Concepts-clés : loi, montage administratif, cohousing, modèles.
>>> Pour commander un article ou connaître les tarifs au feuillet et photo : contact(at)welovefuture.net
