Fluocompactes : un condensé d’inconvénients

En plus de contenir du mercure, ces ampoules à économie d’énergie émettent aussi des ultra-sons et des UV. Mieux vaudrait donc passer directement aux « Leds » dont la technologie est moins nocive.

Par Pryska Ducoeurjoly

ARTICLE PARU DANS LE

Magazine NEXUS

N°64

Septembre-octobre 2009

Le Grenelle de l’environnement a parlé. En 2012, les ampoules à incandescence, trop gourmandes en énergie, auront disparu du marché et seront remplacées par les LFC, les lampes fluocompactes. Un idée pas si lumineuse. Lenteur à l’allumage, présence de mercure à faible dose (attention à la casse), pollution électromagnétique non négligeable, à cela s’ajoute de nouveaux effets pervers : les ultra-sons et les UV.

Fonctionnant sur le modèle de nos néons domestiques, si elles n’étaient pas équipées d’un appareillage spécifique, ces ampoules devraient mécaniquement émettre le bruit caractéristique des tubes lumineux. « Pour ne pas avoir de vibrations auditives gênantes dues au 50 Hertz, les fabricants ont créé un générateur électronique sur des fréquences qui vont de 18 KHZ à plus de 55 KHZ selon les modèles. Nous sommes dans la gamme des ultra-sons », assurent Roland Wehrlen, électronicien, expert indépendant en pollution électromagnétique.

« L’oreille humaine n’entend pas ces sons, donc personne ne s’en inquiète. Mais il faut savoir qu’à courte distance, il y a cavitation au niveau cellulaire, donc un risque sanitaire. Les mesures effectuées avec un décibel mètre affichent 80 db à un centimètre, 70 db à 10 cm, 60 db à 20 cm. Au-delà, cela diminue régulièrement, mais par sécurité, il est conseillé de se tenir à au moins 1,5 mètre de ces ampoules ».

Radiofréquences. Cette distance de sécurité, qui rend impropres les LFC en tant que lampe de bureau, de chevet, ou pour les travaux de précision, est similaire lorsqu’on prend en compte le contrôle des champs électromagnétiques. La journaliste Annie Lobé, auteur de « La fée électricité », a testé ces ampoules avec un Gaussmètre, dans le cadre d’une vidéo disponible sur internet (1). Alors qu’une ampoule classique n’émet pas de champ, une fluocompacte atteint 25 milligauss. Le constat s’élève parfois jusqu’à 150 mG. Or ces champs électromagnétiques ont été classés comme des cancérogènes possibles par l’OMS et l’Agence internationale de recherche contre le cancer. Annie Lobé fait également état d’émission de radiofréquences, jusqu’à 200 V/m, alors que la norme est de 27 V/m.

Emetteurs parasites. Alerté par les porteurs de pacemaker ayant subi des interférences électromagnétiques à proximité de ces ampoules, Pierre Le Ruz, directeur scientifique du Centre de recherche et d’information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), pointe ces nuisances : «Le problème se pose surtout à courte distance et à l’allumage où l’on enregistre un pic». Dès 2002, l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) a par ailleurs livré un rapport sur l’exposition électromagnétique au ministère de l’Environnement. Il ressort que ces ampoules peuvent être des émetteurs parasites capables de perturber les mesures des antennes relais de téléphonie mobile !

Lésions occulaires. De son côté, l’association Next-Up (www.next-up.org) pointe les risques de l’exposition aux LFC chez les jeunes : « La dégénérescence maculaire DMLA (liée à l’âge) est en train de devenir une épidémie depuis la généralisation de l’éclairage fluorescent, les enfants en sont les premiers impactés (…).Les lampes dites fluorescentes émettent leur pic le plus intense d’énergie à une longueur d’onde de 435,8 nanomètres, ce qui correspond exactement au maximum de dangerosité pour les lésions oculaires de la rétine» (2).

Exposition aux UV. Un autre risque mois connu a été récemment souligné par le Comité scientifique européen chargé de l’étude des risques sanitaires émergents (Scenihr) : les ultra-violets: « Certains types d’ampoules économes en énergie pourraient accroître les symptômes des personnes souffrant de maladies dermatologiques spécifiques», d’après la direction générale de la santé de la Commission européenne. La dermatite actinique chronique ou l’urticaire solaire pourraient ainsi être aggravées: « Dans le cas extrême d’une exposition prolongée à une distance inférieure à 20 centimètres de certaines LFC à enveloppe simple, l’exposition aux UV serait proche des limites professionnelles actuelles visant à protéger les travailleurs des dommages sur la peau et la rétine.» 250 000 personnes (0,05 %de la population européenne) seraient concernées. Le comité a proposé l’utilisation de LFC à double enveloppe ou d’une technologie similaire pouvant réduire fortement, voire supprimer ces risques. Un appareillage supplémentaire à prévoir pour les fabricants.

Durée de vie limitée. « Plus il y a de composants, plus les risques de pannes sont importants », rappelle Roland Wehrlen. « Ces lampes fonctionnent comme les tubes fluorescents mais elles ont en plus un générateur spécial, un transformateur, des transistors, des diodes, des résistances ainsi que des condensateurs et des selfs, soit environ 25 à 30 composants selon les marques ». Sensibles aux allumages intempestifs, leur durée de vie s’avère en réalité limitée, surtout lorsqu’on choisit ses ampoules dans les premiers prix.

« Elles peuvent afficher un bon rendement au départ, mais pas pendant les milliers d’heures annoncées, avec un noircissement rapide autour des électrodes et d’une émission d’UV-A sans doute plus importante », rappelle Laurent Le Guyader, dans un document intitulé « Choisir une lampe fluocompacte », écrit en 2000 d’après une synthèse des tests de lampes fluocompactes effectués par L’UFC et l’INC et Testé Pour Vous (3).

« Les composants électroniques utilisés pour le ballast sont de moins bonne qualité et moins nombreux. En particulier il manque souvent la résistance à coefficient de température positif qui permet un meilleur fonctionnement en allumages répétés et une meilleure tenue en température élevée. (…) Il vaut mieux éviter de conseiller ces lampes aux habitants de logements dont l’installation électrique n’est pas très fiable. L’appel de courant au démarrage peut achever de dégrader un interrupteur ou fatiguer un fil fusible dans un porte-fusible du type tabatière », souligne ce spécialiste.

1. www.santepublique-editions.fr/basseconso.html

2. www.next-up.org/pdf/LFC_et_Degenerescence_Maculaire_06_2009.pdf

3. www.enertech.fr/docs/Lfc.pdfomment choisir

L’alternative Led

Longtemps dénigrée pour leur faiblesse d’éclairage, les Leds s’affichent désormais comme l’alternative écologique aux lampes à filament et aux LFC. Sans nuisance électromagnétique et encore moins gourmandes en énergie, les Leds sont issues de la technologie électronique (il s’agit d’un alliage de métaux rares dans lequel passe le courant). Actuellement, les coûts oscillent entre 25 et 100 euros pièce pour un équivalent d’éclairage de 60 à 100 watts actuels, avec une consommation de 8 ou 10 watts seulement. Mais pour l’instant, le marché propose surtout des 4 watts équivalent 30 watts.

C’est d’abord du côté de la durée de vie, trois fois plus qu’une LFC, que réside l’avantage des Leds. Entre 30 000 et 50 000 heures, à condition d’opter pour une Led de qualité, c’est-à-dire équipée d’un appareillage de refroidissement (via un liquide ou cadre métallique) et d’un équipement de protection contre les variations de tension du réseau.

Après un investissement de départ toutefois conséquent, les particulier pourront ainsi s’équiper « à vie ». Les progrès technologiques vont à toute allure dans ce secteur. De nouveaux produits de qualité arrivent sur le marché, moins onéreux, qui vont permettre aux ménages de remplacer directement leur ampoules à filament sans passer par la case LFC.

En attendant ces tarifs plus abordables, il est conseillé de faire quelques provisions des dernières ampoules à filament disponible sur le marché. Elles consomment dix fois plus, mais sont sans risque sanitaire. Tout porte à croire qu’un marché de l’occasion va se développer, étant donné leur longévité. Les plus aisés préférant s’équiper de Led dernière génération, ils pourraient remettre en vente leur précédente acquisition.

Le marché des Led s’annonce donc peu lucratif sur le long terme pour les fabricants. « C’est sans doute la raison pour laquelle les gros distributeurs français freinent des quatre fers, témoigne un importateur et installateur français. J’ai été menacé par téléphone par une grande société du marché, parce que je m’intéresse à l’éclairage public. Les économies pour l’Etat et les sociétés, notamment celles qui ont un besoin continu d’éclairage, sont exceptionnelles. Le retour sur investissement est imbattable, notamment parce qu’au-delà de l’investissement de départ, passer aux Leds revient à supprimer les coûts d’entretien habituels ».

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Un commentaire sur “Fluocompactes : un condensé d’inconvénients”

  1. AUGRAS RENE dit :

    Je suis distributeur d’éclarage LED haute performance pour particuliers commerces entreprises et éclairage public. L’éclairage LED c’est l’avenir proche, voire trés proche, mais choisissez bien la qualité. Il y a un fabricant français avec lequel je travaille. Et lui c’est vraiment du haut de gamme, et ilest entre 30 et 40% moins cher que les concurrents. je vous donnerais les infos

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