Guide des 4 000 médicaments: l’AZT est-il vraiment un « médicament d’excellence »?

étienne de harven

Etienne de Harven conteste les bienfaits de l’AZT

« Dans son numéro du 13 septembre, le Nouvel Observateur a publié un dossier sur « Le Guide des Médicaments », livre écrit par Philippe Even et Bernard Debré. Cet important document contient malheureusement une erreur grave relative à l’AZT, la molécule antivirale prescrite depuis plus de 25 ans dans le traitement du Sida », écrit le Pr Étienne de Harven, dans un courrier adressé dernièrement au magazine. Spécialiste des rétrovirus, pionnier de la microscopie électronique, impliqué dans la « dissidence du sida » (voir cet article), le Pr Étienne de Harven explique :

« Page 86 du Nouvel Observateur du 13 septembre 2012, on peut constater que l’AZT est classé dans un tableau de « 94 médicaments d’excellence ». Alors que, de toute évidence, la toxicité de l’AZT est responsable de la mort d’un nombre incalculable de dizaines de milliers de « séropositifs » bien portants, d’hémophiles, etc…  Cette molécule n’a par ailleurs jamais conduit à la guérison d’un seul malade du Sida. Les auteurs de cet article devraient s’expliquer sur les raisons qui leur ont fait classer l’AZT comme un médicament d’excellence ».

Il précise à l’auteur de ce blog : « L’erreur commise par les auteurs est totalement inexcusable. Mais imaginez l’ampleur des poursuites légales qu’entraînerait une reconnaissance de la toxicité de l’AZT ! »

Étienne de Harven, actuellement retraité a été président du « Groupe pour la ré-évaluation de SIDA – Reappraising AIDS’ de 2005 à 2008. Il est par ailleurs proche du Groupe de travail sur le traitement du Sida(1), un groupe de chercheurs internationaux qui propose d’autres pistes de traitement du sida (voir le texte mis en ligne par le coordinateur du groupe dans un français approximatif, qui est en cours de correction). « Il y a effectivement d’autres possibilités de traitement parce que la cause elle-même du sida n’est pas celle que l’on croit. Continuer à incriminer un virus, jamais scientifiquement bien mis en évidence, est une erreur fondamentale qui a permis de légitimer l’usage toxique de l’AZT. »

DES DÉGÂTS DANS LA RESPIRATION CELLULAIRE

Pour les chercheurs du Groupe de travail sur le traitement du sida, les avancées de la recherche sur le fonctionnement cellulaire suffiraient aujourd’hui à expliquer l’immunodéficience acquise, sans avoir à faire intervenir un virus. Les découvertes sur le monoxyde d’azote (NO), récompensées par un prix Nobel de médecine en 1998, ont apporté une meilleure compréhension de l’état de stress oxydatif dans les cellules, caractérisé par une carence en anti-oxydants et des dérèglements de la production de NO dans les cellules immunitaires (type Th1), détectables longtemps avant les manifestations cliniques de maladies opportunistes ».

Selon les travaux du Dr Heinrich Kremer, ce sont des dégâts dans les mitochondries, organites responsables de la respiration cellulaire, qui sont responsables de l’immunodéficience acquise, et même du cancer. Les causes de ces dégâts sont multiples, mais le Dr Kremer a particulièrement creusé la piste des abus médicamenteux, notamment la prise répétée d’antibiotiques. Ce médecin allemand a rendu publiques ses hypothèses sur les causes du sida dans un livre majeur (et ardu), pas encore traduit en français, « The silent revolution in cancer and Aids medecine »(2). Ses travaux servent aujourd’hui de base au Groupe de réflexion sur le traitement du sida.

« La toxicité de l’AZT a été documenté dans le le livre d’Anthony Brink qui date de 2000 et qui est une référence classique sur le sujet : « Debating AZT – Mbeki and the AIDS drug controversy« , précise Etienne de harven.

QU’EN PENSE L’AGENCE DU MÉDICAMENT?

La toxicité de l’AZT sur les mitochondries est prise en compte par l’agence nationale de la sécurité du médicament :

« Les inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase reverse (INTI) peuvent être responsables d’une toxicité mitochondriale d’expression multisystémique (pancréatique, hépatique, neuromusculaire et rénale). L’acidose lactique (pH 7.25, lactates 35 mmoles), potentiellement fatale, est l’expression la plus grave de cette toxicité mitochondriale. Son délai d’apparition est variable de quelques mois à plusieurs années de traitement par INTI ».

Mais « en aucun cas, leur bénéfice dans le Sida n’est remis en cause » (lettre aux professionels de santé, 2003)

UN DÉBAT RELANCÉ PAR LA TRADUCTION FRANCAISE DU LIVRE DE PETER DUESBERG

Un des premiers chercheurs dissident de l’hypothèse VIH=Sida, le Pr Peter Duesberg a dès le départ mis en cause l’utilité de l’AZT dans le traitement du sida. Dans son livre « L’invention du virus du sida », paru en 1997 (et dont la traduction française bien tardive sort courant novembre 2012), il écrit : « Le terminateur de chaîne ADN cytotoxique AZT fut mis au point il y a trente ans pour détruire des cellules humaines par la chimiothérapie. A cause de sa toxicité prévue, une chimiothérapie n’est jamais administrée que pendant des durées très limitées, c’est à dire des semaines ou des mois, mais l’AZT est à présent prescrit, malgré sa toxicité notoire, pour une durée indéterminée à des séropositifs sains (Nussbaum, 1990 ; Volberding et al., 1990).

« L’AZT s’est en effet avéré être toxique pour les séropositifs et suggéré comme cause possible du Sida depuis 1991 (souligné par la rédaction) (Duesberg, 1991, 1992a, 1992b, 1992c). Récemment, l’essai Concorde européen (Seligmann et al., 1994) ainsi que divers autres études ont démontré que, contrairement à ce que l’on avait prétendu, l’AZT ne prévient pas le SIDA (Oddone et al., 1993 ; Tokars et al., 1993 ; Lenderking et al., 1994 ; Lundgren et al., 1994).

« L’essai Concorde a même montré que la mortalité des porteurs sains du VIH traités à l’AZT était de 25% plus élevée que celle de ceux qui avaient reçu le placebo (Seligmann et al., 1994). De même, une étude multicentrique états-unienne a montré que le risque de mortalité des hémophiles traités à l’AZT était 2,4 fois plus élevé et que leur risque de développer le SIDA était 4,5 fois plus élevé que celui des hémophiles séropositifs non traités (Goedert et al., 1994). Par conséquent, l’administration généralisée d’AZT aux séropositifs pourrait être la raison du soudain accroissement de la mortalité des hémophiles depuis 1987. »

1.  Groupe coordonné par Félix de Fries (www.ummafrapp.de)

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