Un vaccin anti-covid pourrait pénaliser les enfants et l’immunité de groupe

Source Pixabay

Alors que l’Etat signe avec les laboratoires des commandes de vaccins et sponsorise ainsi les recherches de Sanofi ou AstraZeneca, l’utilité d’un vaccin anti-covid n’est pas garantie face à ce virus mutant.
Alors que le système de santé souffre d’une mauvaise répartition des ressources (voir mon article sur les Agences Régionales de santé), a-t-on bien tiré les leçons de la crise H1N1 ? 800 millions d’euros de commandes de vaccins s’étaient finalement soldés par un fiasco vaccinal. Il est urgent de questionner les milliards distribués aux laboratoires pour leur futur vaccin anti-coronavirus.

Dernièrement, le professeur Raoult dans l’une des vidéos de sa chaîne IHU Méditerranée sur YouTube, a levé le voile sur un fait mystérieux qui a été largement documenté dans l’épidémie de coronavirus : les enfants ne sont pas touchés par le covid-19. On sait aussi qu’ils sont peu susceptibles, voire pas susceptibles du tout, de transmettre le virus. Bref, largement de quoi questionner les mesures de distanciations sociales qui leur sont imposées à l’école…

Ce que révèle Didier Raoult est plutôt de nature à nous rassurer sur les capacités de notre immunité naturelle. On nous a dit et redit que le covid-19 était un virus totalement inconnu, qui provoquait, de fait, une nouvelle pathologie. Nous avons eu le sentiment que le corps humain n’était absolument pas préparé à affronter un tel « ennemi ». C’est faux.

En réalité, la famille des coronavirus est largement répandue. Elle est la cause des syndromes grippaux, plutôt bénins, qui entraînent surtout un gros rhume. Selon Didier Raoult, les enfants font beaucoup de rhumes l’hiver parce qu’ils sont régulièrement exposés à des coronavirus. Selon ses travaux et ceux d’autres chercheurs, ces rhumes leur confèrent une immunité « croisée » avec d’autres types de coronavirus, dont le nouveau covid-19. Conclusion : les enfants, régulièrement infectés par les coronavirus, avaient une meilleure immunité que les adultes pour résister à cette souche virulente.

Près d’un million de vue pour cette vidéo consacrée à la fois au scandale du Lancet et à l’immunité des enfants (la vidéo démarre sur notre sujet, minute 7)

Entre 40 et 70% de la population était déjà immunisée !

Ses analyses montrent que les enfants font un épisode à coronavirus au moins une fois par an. Ils disposent donc d’une série d’anticorps, ce qui n’est pas le cas des adultes, surtout après 35 ans. La répartition de l’immunisation par âges est largement en faveur des plus jeunes. Le coronavirus chinois 2019 a pu être facilement contrôlé par ceux qui possédait déjà des anticorps contre d’autres coronavirus : « Entre 40 et 70% de la population était déjà immunisés avant que l’épidémie commence », estime Didier Raoult. Cela explique pourquoi certains ont vu passer le coronavirus sans être vraiment inquiétés.

Le vaccin est-il encore pertinent ?

Ces faits relancent sous un nouveau jour la question du vaccin. Avant d’entrevoir une vaccination de masse, Didier Raoult précise qu’il faut tenir compte de l’immunité acquise par les plus jeunes. Faut-il alors réserver la vaccination à partir de 35 ans ? « C’est une question scientifique qui se pose ».

Vacciner un groupe de la population à risque plutôt qu’un autre peut paraître logique, mais le bénéfice global pour l’ensemble de la population, notamment pour les plus jeunes, ne sera peut-être pas au rendez-vous ! Voici pourquoi.

Prenons l’exemple de la grippe. Ce sont surtout les personnes âgées qui sont vaccinées, à près de 90 % dans les Ehpad[1]. Mais le bénéfice de cette vaccination pour les personnes âgées peut tourner au désavantage pour d’autres groupes. En effet, dans un article[2] paru en 2009 dans The Lancet Infectious Diseases (bon, peut-être que les études publiées dans cette revue dépendante du Lancet sont pas toutes foireuses ! Echo au Lancetgate de juin 2020…), une équipe hollandaise qualifie cette vaccination annuelle contre la grippe « d’épée à double tranchant ». Elle explique que la contamination naturelle par la grippe confère une immunité « large » à l’égard des formes ultérieures du virus ou à des formes pandémiques sévères comme le sous-type H5N1. « La prévention de l’infection par les virus de la grippe saisonnière par la vaccination pourrait empêcher une immunité hétérosubtypique aux souches pandémiques, ce qui pourrait être un inconvénient pour les personnes immunologiquement immatures, par exemple les nourrissons ». L’enjeu crucial est de savoir si la vaccination massive des plus de 65 ans contre la grippe n’est pas une épée de Damoclès sur les bébés lors d’une prochaine épidémie !

Quand la vaccination favorise des souches résistantes

Dans un dossier consacré aux liens entre épidémies et vaccination de masse[3], j’ai pu explorer les subtilités de l’immunité de groupe : la vaccination peut déplacer l’âge habituel de la survenue de l’infection (déplacement épidémique) ou provoquer l’apparition de souches plus virulentes (remplacement épidémique). C’est le cas par exemple de la rougeole.

Alors que la couverture vaccinale est de 90% chez les enfants, on constate des complications plus sévères qu’autrefois et des cas chez les adultes. «Non seulement une couverture vaccinale optimale n’élimine pas la rougeole (exemple de la Roumanie, des États-Unis et du Canada), mais elle peut créer des problèmes inattendus comme les phénomènes de remplacement et de déplacement épidémique », assure Michel De Lorgeril, médecin et auteur de la collection d’ouvrages « Vaccins et Société » (le Chariot d’Or). 

Dans un article[4] publié en 2018 dans The Lancet Infectious Diseases, des scientifiques marseillais s’interrogent : « Rougeole, une nouvelle approche de la vaccination nécessaire ? ». Ces chercheurs (dont le Pr Didier Raoult !) expliquent que nous avons besoin d’un nouveau vaccin parce que, depuis quelques années, des rougeoles sont diagnostiquées chez les vaccinés… En d’autres termes, une couverture vaccinale massive pourrait entraîner un phénomène de résistance, comme on a déjà pu le voir avec les antibiotiques.

On constate ce même phénomène pour d’autres maladies à couverture vaccinale, comme la méningite. « La prévalence des sérogroupes Y et W a augmenté, avec des tableaux cliniques moins classiques qu’auparavant : pneumonies, pharyngites, arthrites », expliquent des chercheurs dans la Revue médicale suisse[5]. « On peut même se demander si cette souche n’a pas été « sélectionnée » par la large vaccination contre le sérogroupe C dans toute l’Europe ces dernières années »

Un virus peut en cacher un autre

En mars dernier, sont tombés les résultats surprenants d’une étude sur la vaccination grippale : selon des données émanant de l’armée américaine et portant sur le personnel militaire, publiées dans la revue Vaccine[6] en 2020, la vaccination anti-grippale favorise les infections à coronavirus. C’est l’AIMSIB, association de médecins indépendants co-fondée par Michel De Lorgeril, qui a levé le lièvre[7]. Dans cette étude, on a observé une augmentation de 36% du risque d’infection par cette famille de virus chez les vaccinés contre la grippe…

Cela illustre bien la complexité du système immunitaire humain mais aussi notre méconnaissance du monde des virus, capables de se substituer les uns aux autres, notamment en cas de vaccination. Les chercheurs américains ne s’intéressaient pas au covid-19 (qui n’existait pas encore) mais à la famille des coronavirus. C’était cependant suffisant pour que l’AIMSIB demande l’arrêt immédiat du programme de vaccination grippale chez les seniors, pour ne pas risquer d’aggraver le nombre de cas de covid-19 chez les anciens, naturellement moins protégés que les jeunes. Simple principe de précaution. Mais pas sûr qu’il soit appliqué par les autorités sanitaires au moment de la traditionnelle campagne de publicité vaccinale cet automne.

Ma question, en conclusion, est la suivante : une vaccination de masse contre le coronavirus pourra-t-elle vraiment nous protéger contre l’apparition de souches plus virulentes ? Cette vaccination chez les adultes ne pénalisera-t-elle pas, à terme, les capacités naturelles de résistance de nos plus jeunes ?


[1] Influenza vaccination coverage of healthcare workers and residents and their determinants in nursing homes in France, a nationwide survey. . Vaux S, Noël D, Fonteneau L, Guthmann JP, Lévy-Bruhl D. BMC Public Health 2010,10:159

[2] Yearly influenza vaccinations : a double-edged sword ? (Vaccinations antigrippales annuelles: une épée à double tranchant?) Bodewes et coll.  Lancet Infect Dis. 2009.

[3] Vaccination : la cause cachée des épidémies modernes ? Néo Santé mai 2020.

[4] “Measles : is a new vaccin approach needed?” Melenotte, Zandotti, Gautret, Parola, Raoult. The Lancet Infect.Dis. 2018.

[5] Infections à méningocoques en Suisse : changements épidémiologiques, cliniques et de prophylaxie. Stéphane Emonet, Rita Born, Jacques Schrenzel. Rev Med Suisse 2018;

[6] « Influenza vaccination and respiratory virus interference among Department of Defense personnel during the 2017–2018 influenza season ». Wolff GG. Vaccine 2020

[7] Pandémie COVID-19, les recommandations essentielles de l’AIMSIB, 15 Mar 2020 www.aimsib.org

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