Tests du covid-19, attention aux faux positifs!

Dernièrement, le président de la Tanzanie a déclaré que les tests du covid-19 étaient bidons, il met ouvertement en cause les statistiques officielles du nombre de cas déclarés. Je vous invite à voir cet article et cette vidéo où on apprend que la papaye teste positive au covid-19…

Parallèlement, le Pr John Ioannidis, épidémiologiste de haut niveau, confirme que les tests ne sont pas aussi fiables que nous pourrions le croire. Voici ses explications, à la minute 27.


J’ai voulu en savoir plus sur la fiabilité des test en consultant la revue française Prescrire et la Revue médicale Suisse.

À l’heure du confinement, on nous parle d’une politique de tests massive : objectif 700 000 tests par semaine pour les personnes symptomatiques et cas contacts des cas confirmés! « Pour éviter une accélération de la propagation du virus, il faudra casser la chaîne de contamination. Un test RT-PCR, le test du Covid-19, sera systématiquement appliqué dès qu’une personne sera symptomatique de la maladie » (voir cet article relatant les nouvelles mesures à partir du 11 mai). Si vous êtes positifs, vous serez mis en quarantaine et les personnes que vous avez rencontrées seront recherchées puis aussi invitées à s’isoler ! Et si vous n’aviez finalement pas le coronavirus ? Voilà la question qui fâche et que je vous propose d’étudier aujourd’hui. Au-delà du problème du secret médical, c’est un point central peu évoqué par les médias,

Un test PC Quoi ?

Il faut d’abord savoir que la majorité des tests pour le coronavirus sont des tests « PCR ». Il s’agit d’une technique de laboratoire qui permet d’amplifier des traces d’ARN ou d’ADN de manière à les voir in vitro. Ce n’est pas le virus qu’on isole mais des fragments de séquences. Il s’agit d’une technique de laboratoire bien complexe, qui s’effectue en plusieurs étapes avec un matériel spécifique. Si vous voulez avoir un aperçu de la complexité je vous renvoie à la description de Wikipédia.

Attention : une mauvaise manip ou un mauvais équipement et le résultat peut être faussé. Il faut aussi que le test en lui-même soit de haut niveau de qualité. Comme vous allez le découvrir, ce n’est pas systématiquement le cas !

Des tests nombreux mais peu performants !

Dernièrement, je suis tombée sur un article web de la revue Prescrire, intitulé : « Covid-19 : fin avril 2020, les tests diagnostiques biologiques sont nombreux, mais souvent peu performants » (23 avril 2020). L’auteur écrit : «Le développement des tests diagnostiques de covid-19 est foisonnant, soumis à la pression de la pandémie, et en pratique les performances des tests sont encore peu évaluées, diverses, et souvent médiocres (…) Les résultats sont le plus souvent exprimés de façon qualitative : présence ou absence du virus. Les tests PCR étaient les seuls tests biologiques disponibles en routine jusqu’à début avril 2020. Début avril 2020, les tests de détection antigéniques sont peu performants et ils ont été déconseillés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ».

Pour vous donner une idée du nombre de tests qui circulent sur le marché : « Au 22 avril 2020, 278 tests PCR, 149 tests de sérologie rapides et 84 tests Elisa ont été déclarés commercialisés dans le monde. On ne dispose de résultats de performances que pour quelques tests », écrit la revue Prescrire.

La sensibilité peut être estimée entre 56 et 83 % 

Des propos confirmés par la Revue médicale Suisse, dans son numéro paru le 8 avril 2020 : « Plusieurs études ont évalué les propriétés du frottis nasopharyngé-PCR en comparaison avec des examens radiologiques. La qualité des études concernant la sensibilité est faible et les détails quant aux caractéristiques des patients et le gold standard utilisé sont maigres » (article : « Performance du frottis nasopharyngé-PCR pour le diagnostic du Covid-19. Recommandations pratiques sur la base des premières données scientifiques »). « D’après les données bibliographiques à disposition, la sensibilité peut être estimée entre 56 et 83 % ». Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas beaucoup ! Mais ce n’est pas tout.

Et la spécificité ?

Il n’y a pas que la « sensibilité » qu’il faut prendre en compte dans la fiabilité des tests, il y a aussi la « spécificité », c’est-à-dire la capacité du test à bien cibler le virus recherché et pas un autre. Que se passe-t-il par exemple en cas d’attaque par un autre virus ? Ces tests du covid–19 ne pourraient-ils pas réagir positivement en présence d’un autre virus de la famille corona, ou encore celui de la grippe ? On sait que les tests PCR peuvent être faussés lorsque l’échantillon est contaminé par d’autres souches notamment bactériennes (voir cet article paru en 2007 dans la Revue Médicale Suisse). Cependant, je n’ai pas réussi à trouver de source consacrée à la fiabilité de la « spécificité » des tests PCR ou antigéniques pour le covid-19 (je fais appel à vous si vous avez cette information !).

Officiellement, tout le monde a l’air de s’accorder sur le fait qu’ils sont fiables à 99 % concernant la spécificité. C’est d’ailleurs ce pourcentage que retient la Revue médicale Suisse dans son analyse de fiabilité des tests. Mais elle précise que c’est un parti pris nécessaire pour ces calculs. La majorité des tests du marché n’ont sans doute pas un tel niveau de spécificité comme le laisse entendre la revue Prescrire, même si cette dernière note que beaucoup ont quand même une spécificité proche de 100 %.

Les tests français sont-ils vraiment fiables ?

Dans son cahier des charges daté du 16 avril 2020, la Haute autorité de santé (HAS) française, a demandé à ce que les performances minimales des tests PCR et sérologiques soient « à 98 % pour la spécificité clinique et à 90 % ou 95 % selon l’usage du test pour la sensibilité clinique ». Mais ces tests existent-ils vraiment sur le marché ? Selon la revue Prescrire, « Au 17 avril 2020, 38 kits de test PCR étaient remboursables par la Sécurité sociale française, dont 9 validés par le Centre national de référence (CNR) français (…) On ne sait pas dans quelle mesure les validations par le CNR français, qui n’a pas communiqué les performances des tests validés, répondent à ces critères ». Je vous rappelle ce qu’on lit dans la Revue médicale Suisse : « D’après les données bibliographiques à disposition, la sensibilité peut être estimée entre 56 et 83 % ».

Plus de faux positifs que de faux négatifs

Actuellement, la théorie dominante nous dit qu’avec les tests PCR, le risque vient surtout des faux négatifs, c’est-à-dire ceux qui sont faussement déclarés non contaminés alors qu’ils sont porteurs, asymptomatiques ou qu’ils ont parfois aussi des symptômes typiques du covid. Autrement dit, l’épidémie serait sous-évaluée… Ce n’est pas vraiment l’avis de la Revue médicale Suisse, « Un seul test négatif permet d’exclure un Covid-19 dans la plupart des situations », dit-elle, tout en insistant sur la prudence d’interprétation si on est en présence d’un tableau clinique : « un deuxième test peut être indiqué ».

Lorsque l’on regarde de près l’analyse faite par la Revue médicale Suisse, on constate que les résultats positifs des tests PCR sont moins fiables que les résultats négatifs dès lors qu’ils sont pratiqués au sein d’une population qui compterait 10% de contaminés ou moins.  Mais que vient faire l’incidence de la maladie dans la population pour déterminer la fiabilité d’un test ? De toute évidence, les scientifiques ont besoin d’améliorer l’interprétation des tests dans un contexte où leur fiabilité n’est pas optimale. On parle de « probabilité prétest ». « L’interprétation d’un test dépend aussi de la fréquence de la maladie dans le groupe de population où la personne est testée », confirme la revue Prescrire.

La revue suisse nous dit que la probabilité d’avoir vraiment la maladie en cas de résultat positif est de 86-90% alors que probabilité de ne pas avoir la maladie, sachant que le test est négatif est de 95-98%. Je résume, si vous n’êtes pas malade et que vous êtes testé avec un test PCR, un résultat négatif sera fiable à 95%. Mais si vous avez un résultat positif, ce n’est fiable qu’à 86%. Je vous rappelle que les résultats de la revue sont basés sur une spécificité des tests optimale à savoir de 99%…

Que penser du dépistage de masse ?

Si on pratique un dépistage de masse dans une population touchée à 10 % ou moins, il y aura sans doute plus de faux positifs que de faux négatifs. Je vous livre la démonstration de la revue Prescrire dans son article « Valeur prédictive des résultats des tests diagnostiques : l’exemple des tests covid-19 », qui montre que la proportion de faux positifs peut être vertigineuse.

« En prenant l’hypothèse de deux tests sérologiques pour le virus Sars-CoV-2, l’un de performance moyenne avec une sensibilité de 85% et une spécificité de 98 %, et l’autre de performance médiocre dont la sensibilité serait de 65% et la spécificité de 90%, on peut calculer la probabilité que le contact avec le virus soit diagnostiqué à bon escient si on connait la fréquence de la maladie.

 « L’Institut Pasteur a rendu publiques le 20 avril 2020 des estimations de fréquence de l’infection par le Sars-CoV-2 dans la population générale en France au 11 mai 2020. La proportion de personnes avec des anticorps est estimée à environ 1,4% à 1,9% en Bretagne, en Nouvelle-Aquitaine et en Pays de la Loire, à environ 5% à 6% en Bourgogne-Franche-Comté, en Corse et en Hauts-de-France, et jusqu’à environ 12% dans le Grand-Est et en Île-de-France ».

« Un exemple (parmi d’autres) peut être celui d’une personne sans symptôme notable d’une région où 2 % des habitants ont été infectés par le virus Sars-CoV-2 qui se fait tester. Si le test le plus performant est positif, la probabilité que la personne testée ait été véritablement infectée est de 45 % (valeur prédictive positive, VPP). Si le test de moindre performance est utilisé et que le résultat est positif, cette probabilité n’est que de 12 %. Autrement dit, le test est faussement positif dans 83 % des cas.

« Dans les mêmes conditions de tests mais dans une région où 12% des habitants ont été infectés, si le test le plus performant est positif, la probabilité que la personne testée ait été véritablement infectée est de 85%. Si le test de moindre performance est positif, cette probabilité n’est que de 47% ».

Faux positif mais quarantaine obligatoire?

D’une part la qualité des tests PCR sur le marché est déterminante pour le résultat, mais d’autre part tester au sein de la population générale peut aussi participer à générer un plus grand nombre de faux positifs. Vous avez alors une chance sur deux de vous retrouver avec un test faussé, ce qui revient à jouer à pile ou face, ou à la roulette russe. Imaginez que vous disposiez d’un test fiable à 99 % : si on testait 10 millions de personnes négatives dans la réalité, cela pourrait potentiellement générer 100 000 personnes faussement positives[1]… Confinées de force ? Une épidémie de tests peut entraîner une épidémie de faux contaminés et de confinements inutiles.

Et les tests antigéniques?

Les tests antigéniques ne sont apparemment pas plus fiables. Dernièrement, on a vu dans le journal The Guardian du 26 avril 2020,  le virologue Christian Drosten, initiateur de la politique de tests massifs en Allemagne (qu’il estime contaminée à 8%), déplorer le fait que les tests antigéniques ne sont pas fiables : « En Europe et aux Etats-Unis, tous présentent des faux positifs. »

Selon la revue Prescrire : « La mise en évidence d’anticorps dirigés contre ce virus repose surtout sur deux types de tests, dits sérologiques : des tests de diagnostic rapide et des tests de type Elisa (de l’anglais enzyme-linked immunosorbent assay). Les anticorps de type IgM et IgG commencent à être détectables en général 7 jours après le début de l’infection. Les IgM restent détectables pendant 7 semaines. Mi-avril 2020, on ne sait pas pendant combien de temps les IgG restent détectables au-delà de 7 semaines ». Autrement dit, on ne sait peut-être pas encore bien détecter les IgG, qui nous renseignent à la fois sur votre réponse immunitaire et sur le fait qu’il s’agit d’une affection ancienne.

Enfin, autre raison d’invalider la pertinence de ces tests est la suivante : « Aucune étude n’a prouvé que l’immunité antivirale était dépendante des anticorps », explique Emma Kahn, virologue, dans un excellent article publié sur le site de l’association de médecins Aimsib (Vaccin anti-Covid-19 et immunité de groupe, c’est non… et encore non, le 3 mai 2020).

« On peut craindre que les antigènes sélectionnés pour de futurs tests ELISA de sérologie (pour la sensibilité et la spécificité conférés à ces tests) soient obsolètes dans quelques semaines, explique la virologue. Il en est de même pour les amorces utilisées dans la Rt-PCR pour la détection du matériel génétique du virus »…

Les étranges cas de « recontamination »

Dans mes recherches, je suis tombée sur une étude de quatre cas à Wuhan, publiée dans la revue  JAMA[2]. Ces patients étaient en quarantaine et présentaient des signes cliniques avec plusieurs résultats de tests PCR positifs. Une fois rétablis, ils ont tous été testés négatifs deux fois de suite. À la fin complète de leur quarantaine et avant d’être « relâchés », ils ont tous étés testés à nouveau et là surprise : ils étaient tous redevenus positifs, sans aucun retour des symptômes.

Ce genre d’étude, comme d’autres qui ont constaté ce phénomène sur des échantillons plus vastes[3],  alimente l’hypothèse d’une absence d’immunisation face à ce virus. Pour ma part, elle questionne surtout la fiabilité des tests pour décréter que quelqu’un est porteur ou non du virus. Car, comme le conclut une étude chinoise parue fin mars dans le Journal of medical virology[4] : « Les résultats indiquent que les résultats des tests RT ‐ PCR d’échantillons sur écouvillon pharyngé étaient variables et potentiellement instables, et ils ne devraient pas être considérés comme le seul indicateur pour le diagnostic, le traitement, l’isolement, la récupération / la sortie et le transfert pour les patients hospitalisés cliniquement diagnostiqués avec COVID‐ 19 ». Or c’est bien ce que de nombreux pays s’apprêtent à faire…

Que vaut le nombre de cas « confirmés » ?

Des personnes asymptomatiques et symptomatiques figurent forcément parmi les cas « confirmés » sans pour autant avoir eu le covid-19. Le pourcentage de la population « contaminée » est établie en partie sur la base de ces mêmes tests, parfois même en l’absence de signes cliniques. Mais que valent vraiment ces données épidémiologiques relatives au covid-19 alors que, de toute évidence, la fiabilité des tests n’est pas acquise ?

Un article intéressant du Taiwan English News , paru en mars 2020, s’inquiétait. Le titre : « Au milieu de la panique virale, tout le monde ignore le problème des faux positifs et appelle à plus de tests ». « Depuis longtemps, la technique PCR est connue pour créer des résultats faussement positifs, même pour des agents pathogènes bien établis, bien connus et bien étudiés. Par exemple, le taux de faux positifs est cité par les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis comme raison pour laquelle le test PCR ne devrait pas être utilisé sur des patients asymptomatiques pour la coqueluche (coqueluche). »

Aujourd’hui, il est question de ne tester que les personnes symptomatiques. Mais avons-nous vraiment la certitude et le recul nécessaire pour être sûr qu’une autre infection virale ou bactérienne ne va pas fausser le résultat du test ?

Restez sceptique face au résultat!

Dans tous les cas, étant donné le faible niveau actuel de données bibliographiques sur ces tests, que vous soyez testé négatif ou positif, même en étant symptomatique, le résultat de laboratoire ne doit pas être pris comme une certitude diagnostique… Renseignez-vous sur le type de test utilisé (sérologie, RT-PCR…). En cas de résultat positif, un deuxième voire un troisième test s’impose, afin de ne pas être médicalisé/confiné inutilement ou de manière inappropriée. Vous pouvez aussi demander à être testé pour d’autres agents infectieux afin de vous assurer qu’il n’y a pas de co-infection (absence d’autres coronavirus humains, de virus grippaux, de rhinovirus, entérovirus, virus respiratoire syncytial, parainfluenza, metapneumovirus, adenovirus, bocavirus) pour tenter d’affiner le diagnostic avec l’aide de votre médecin.


Cet article a été réalisé pour le réseau Pure Santé, du groupe Santé Nature Innovation. Pour suivre mes prochains articles, vous pouvez rejoindre le réseau.


[1] Voir cet article en Anglais de David Crowe, grand pourfendeur des tests PCR pour le VIH. https://theinfectiousmyth.com/book/CoronavirusPanic.pdf

[2] « Positive RT-PCR Test Results in Patients Recovered From COVID-19 », Lan Lan et al. Jama, 27 février 2020.

[3] Lire aussi cet article du Monde, « Covid-19 : interrogations sur l’excrétion du virus et la réponse en anticorps », le 17 avril 2020. https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2020/04/17/covid-19-interrogations-sur-lexcretion-du-virus-et-la-reponse-en-anticorps/?fbclid=IwAR34TtwIVeh-4JpfXF2_22CyZZA6v6bgo261fs-bXQB4HZ-uA_LQZA_LNtY

Feng E et al. Some Recovered Coronavirus Patients In Wuhan Are Testing Positive Again. NPR Goats and Soda. 2020 Mar 27. https://www.npr.org/sections/goatsandsoda/2020/03/27/822407626/mystery-inwuhan-recovered-coronavirus-patients-test-negative-then-positive

[4] Li Y et al. Stability issues of RT-PCR testing of SARS-CoV-2 for hospitalized patients clinically diagnosed with COVID-19. J Med Virol. 2020 Mar 26. https://onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/jmv.25786

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